Sereinement

Etre présents, juste ici et maintenant...

S'aimer soi-même sur Facebook

Habituellement, nous accordons toute notre attention au flux constant de nos pensées. Mais chaque instant (cet instant !) nous offre une nouvelle opportunité d’être pleinement conscients du moment présent…

Axel

Traduction de Magali Manvieu

Différents thèmes à caractère “spirituel” comme “la Loi de l’Attraction”, l’identification avec l’ego, “la notion de séparation” et la capacité d’aimer inconditionnellement, sont étroitement reliés au degré de conscience avec lequel nous expérimentons le moment présent.

Eckhart Tolle associe l’expérience de vivre pleinement l’instant présent à la possibilité de connaître la prospérité dans nos vies:

Eckhart Tolle

Foto de Eckhart Tolle

Pose-toi la question de savoir quel “problème” tu as à l’instant même – pas l’année prochaine, demain ou dans cinq minutes. Qu’est-ce qui va mal en ce moment précis ?

Par exemple, beaucoup de gens attendent de connaître la prospérité dans le futur, mais celle-ci ne peut se manifester que lorsque tu reconnais, honores, et acceptes pleinement ta réalité présente (où tu es, qui tu es, et ce que tu fais maintenant). Lorsque tu acceptes pleinement ce dont tu disposes, alors tu rends grâce pour ce que tu as, tu rends grâce à ce qui est, tu rends grâce pour le simple fait d’Être. La véritable prospérité commence lorsque l’on ressent de la gratitude pour le moment présent et pour la plénitude de la vie à cet instant même. Alors, avec le temps, cette prospérité se manifestera sous différentes formes.

de “Mettre en pratique le pouvoir du moment présent”

Expérimenter pleinement le moment présent conduit à l’amour de soi. En comprenant, comme le signale Tolle, que dans ce très bref instant il n’y a ni carences ni échecs, il n’y a alors aucune raison d’exiger de soi-même quoique ce soit, ni de souligner ses erreurs ou de se faire des reproches. Ainsi, il devient plus facile de s’accepter tels que nous sommes, sans ressentir de déception pour être ce que nous sommes ou faire ce que nous faisons. Nous pouvons alors expérimenter spontanément l’amour inconditionnel pour nous-mêmes. Et s’aimer soi-même est indispensable pour pouvoir aimer les autres.

L’expérience de la séparation (de Dieu, des autres, de la Nature) est une conséquence de vivre “déconnecté” de l’instant présent. Le discours continuel de nos pensées – l’essence même de l’ego – accapare notre attention et nous distrait de l’unique expérience réelle à notre portée: vivre pleinement le moment présent. Eckhart Tolle dit:

La raison pour laquelle nous vivons dans l’illusion de la séparation est la pensée compulsive. C’est lorsque nous nous trouvons piégés dans le torrent incessant de pensées compulsives que l’Univers s’écarte réellement de nous et que nous perdons la capacité de sentir la connexion entre tout ce qui existe.

de “Nouvelle terre”

Et voici pour finir une vidéo test qui montre comment notre attention est plus facilement subjuguée par les idées que par les simples faits que nous propose l’instant présent…

Axel Piskulic

Traduction de Magali Manvieu

Caricature de Ziggy sur le thème d’Ici et Maintenant, par Tom Wilson

Le moment présent, cet instant unique dans lequel toutes les choses arrivent, renferme un véritable trésor de plénitude, de joie et de paix que nous n’avons peut-être eu l’occasion d’expérimenter qu’au cours de circonstances exceptionnelles.

Le flux continu de nos pensées, ce dialogue interne incessant qui occupe constamment notre attention, nous sépare de l’unique (et merveilleuse !) expérience réelle : vivre pleinement le moment présent.

Expérimenter consciemment chaque sensation corporelle, chaque perception provenant de nos sens, interrompt (même si ce n’est que brièvement) ce dialogue interne qu’est l’activité usante de l’ego.

N’importe quelle action peut-être réalisée en prêtant attention aux sensations corporelles, aux mouvements que nous réalisons, à la respiration, et à la grande quantité d’informations que nous recevons à travers nos sens et auxquelles nous n’attachons habituellement pas d’importance, les considérant insignifiantes…

En marchant, par exemple, on peut porter notre attention sur nos mouvements en les réalisant d’une manière « délibérée », peut-être avec plus de lenteur afin de nous « désautomatiser », attentifs à notre respiration ainsi qu’aux sensations ou impressions délivrées par nos sens. La vue par exemple nous fournit énormément d’informations.

Cet instant, le moment présent, est le seul qui ait une existence réelle. Le passé et le futur sont des concepts abstraits que l’on ne peut expérimenter.

De fait, il n’y a qu’un seul endroit important dans tout l’Univers et qu’un seul moment digne d’intérêt dans toute l’éternité : Ici et Maintenant

Axel Piskulic

Traduction de Magali Manvieu

Il y a quelques jours, on m’a soumis le problème suivant :

Six verres, trois vides et trois pleins

Voilà six verres – trois vides et trois pleins – disposés comme le montre l’illustration ci-dessus. Le défi consiste à les disposer comme sur l’image suivante mais en ne bougeant qu’un seul verre :

Six verres, alternativement vides et pleins

(La solution, à la fin de cet article…)

Il est amusant de constater que ces casse-tête – qui ont souvent l’air compliqué, voire insoluble – ont finalement une solution très simple.

Notre propre existence renferme quelque chose qui ressemble à un « casse-tête », dont la résolution nous ouvrirait la porte à un bien-être méconnu : le moment présent. Cet instant unique au sein duquel toutes les choses arrivent, renferme un trésor de joie, de plénitude et de paix que nous n’avons peut-être expérimenté qu’exceptionnellement.

Il existe de nombreuses allusions à cette opportunité qui nous est offerte et que nous ne réussissons généralement pas à découvrir.

Quelques-unes de ces allusions sont sous forme d’histoire ou de parabole, comme celle du vieil homme qui mendiait, assis sur une simple caisse qu’il avait toujours avec lui, et qui faisait partie de ses maigres possessions. Un jour, il demande une aumône à un Maître qui passait par là, et qui, s’excusant de ne pas avoir un peu d’argent à partager, lui suggère de bien réviser l’intérieur de sa caisse, laquelle, à la grande surprise du mendiant se révèle être remplie de pièces d’or. Ou comme cet autre récit qui raconte qu’au moment de la Création, la joie fut cachée à l’intérieur de chaque être, afin que seuls ceux qui la chercheraient à cet endroit – les plus sages, les plus humbles et les plus vaillants – en soient récompensés.

Un Cours en Miracles appelle “l’instant saint”, ce très bref instant au sein duquel nous rejoignons la conscience de notre nature véritable et expérimentons cet état de bien-être auquel nous aspirons tant :

Dans l’instant saint, libre du passé, tu vois que l’amour se trouve en toi et que tu n’as pas besoin de le chercher à l’extérieur… (Texto, cap. 15, V-9.7)

Dans l’instant saint, rien n’arrive qui n’ait été toujours ici. La seule chose qui arrive c’est que se lève le voile qui recouvrait la réalité. (Cap. 15, VI-6.1)

Le Miracle de l’instant saint réside en ce que tu sois disposé à le laisser être ce qu’il est. Et dans cette démonstration de bonne volonté réside aussi ton acceptation de toi même tel que Dieu a prévu que tu sois. (Cap 18, IV-2.8)

Ce n’est pas le présent qui fait peur, sinon le passé et le futur, mais ils n’existent pas. La peur n’a pas de place dans le présent quand chaque instant surgit net et séparé du passé, sans que l’ombre de celui-ci s’étende jusqu’au futur. (Cap. 15, I-7.2)

Quelques pistes :

Nous n’avons rien à faire pour atteindre cet état, nous avons plutôt à cesser de faire quelque chose.

Ce n’est pas vraiment un casse-tête, car ce sont précisément les plus intelligents, ceux dont l’ego est le plus complexe et le plus développé, qui ont le plus de difficultés à le “résoudre”.

Nous n’avons pas à sacrifier le moment présent dans l’espoir que, grâce à notre effort et à notre dévouement, les “moments présents à venir” soient meilleurs : Il n’existe qu’un seul moment présent.

Il est nécessaire d’avoir atteint auparavant un certain degré de quiétude ou de sérénité mentale. Les techniques de méditation ou de respiration consciente peuvent y aider.

L’amour inconditionnel envers nous-même et envers les autres ainsi que la pleine acceptation de notre situation présente en sont les conditions préalablement requises.

Et finalement, il ne s’agit pas d’atteindre un état exceptionnel spécial, sinon de devenir conscients de notre véritable condition ou nature. Ça pourrait ressembler à quelque chose comme… s’éveiller d’un rêve…

Axel Piskulic

Traduction de Magali Manvieu

Solution du « casse-tête »:

Prendre le deuxième verre et verser son contenu dans le cinquième, puis remettre le verre vide à sa place initiale.


Un homme s’approche d’un ancien et lui dit :

“On m’a dit que tu es sage… S’il te plaît, dis-moi quelles sont les choses que peut faire un sage qui ne sont pas à la portée de tout le monde.”

L’ancien lui répond: “Quand je mange, je mange; quand je dors, je dors; et quand je parle avec toi, je parle avec toi.”

“Mais enfin, ça aussi je peux le faire et je ne suis pas sage pour autant”, lui répond l’homme surpris.

“Je ne le crois pas”, lui réplique l’ancien. “Parce que quand tu dors, tu te remémores les problèmes que tu as eu au cours de la journée ou tu imagines ceux que tu pourrais avoir au réveil. Quand tu manges, tu planifies ce que tu vas faire plus tard. Et pendant que tu parles avec moi, tu penses déjà à ta prochaine question où à ce que tu vas me répondre, et ce, avant même que j’ai fini de parler.”

Le secret, c’est d’être conscient de ce que l’on fait dans le moment présent et ainsi profiter pleinement à chaque instant du miracle de la vie.

Anthony de Mello

Un peu d’humour :

Caricature au sujet du moment présent, de l’ici et maintenant

Quoiqu’on fasse, il semble qu’il n’y ait qu’un seul endroit important dans tout l’Univers et qu’un seul moment digne d’intérêt dans toute l’Eternité : Ici et Maintenant…

Axel

Traduction de Magali Manvieu

Les historiettes sont tirées de “El señor enviñetado”


Jorge Luis Borges

Jorge Luis Borges

Nous pouvons tous accéder au bonheur intégral, ici et maintenant. Et bien qu’il semble difficile de concrétiser définitivement cette déclaration, il y a eu à toutes les époques des Maîtres issus de traditions diverses qui ont exprimé cette idée à leur manière.

Je te laisse découvrir le récit suivant de Jorge Luis Borges, qui est en réalité sa propre version d’une des narrations les plus originales et suggestives du recueil « Les Mille et Une Nuits ». Il s’agit d’une parabole qui indique que la recherche du bien-être ou du bonheur “hors” de nous-mêmes peut finir par nous conduire à la compréhension que cet état tant convoité a toujours été à notre portée à l’intérieur de nous… précisément ici et maintenant.

HISTOIRE DE DEUX HOMMES QUI FIRENT UN RÊVE

On raconte de source sûre qu’il y eut au Caire un homme possédant de grandes richesses, mais tellement magnanime et libéral qu’il finit par tout perdre, sauf la maison de son père, et qu’il se vit forcé à travailler pour gagner sa vie.

Une nuit, exténué par une dure journée de labeur, il s’endormit sous un figuier de son jardin et rêva d’un homme trempé, qui sortait de sa bouche une pièce d’or et qui lui dit “Ta fortune est en Perse, à Ispahan. Va la chercher”. Au matin, il s’éveilla et partit aussitôt pour un long voyage, au cours duquel il dut affronter mille dangers, le désert, les bateaux, les pirates, les idolâtres, les fleuves, les fauves et les hommes.

Il arriva enfin à Ispahan où il fut surpris par la tombée de la nuit. Il s’étendit alors dans la cour d’une Mosquée pour y dormir. Tout près de la Mosquée, il y avait une maison, qui par la Volonté d’Allah Le Tout Puissant, fut prise d’assaut par une bande de voleurs cette nuit-là. Les habitants de la maison, réveillés par le vacarme des voleurs, appelèrent au secours. Les voisins alertés se mirent à crier aussi, jusqu’à l’arrivée du Commandeur des Croyants du quartier accompagné de ses hommes, qui provoquèrent la fuite des bandits par les toits terrasse.

Le Commandeur fit fouiller la Mosquée toute proche et là ils se saisirent de l’homme du Caire endormi et le rouèrent de coups de baguette en bambou, au point qu’ils faillirent le tuer. Notre homme reprit ses esprits deux jours plus tard, en prison. Le Commandeur le convoqua et lui demanda : “Qui es-tu et d’où viens-tu ?” Et l’autre lui répondit : “Je suis de la fameuse cité du Caire et mon nom est Mohamed El Magrebí”. Le Commandeur lui demanda alors : “Qu’est-ce qui t’a fait venir jusqu’en Perse ?” Notre homme opta pour dire la vérité et lui dit : “J’ai rêvé d’un homme qui m’ordonnait d’aller à Ispahan, pour y chercher fortune. Je suis à Ispahan et je constate que cette fortune promise devait être les coups de bâton que tu m’as donné si généreusement”.

A ces mots, le Commandeur éclata d’un rire énorme qui découvrit toutes ses dents et finit par lui dire : “Homme crédule et insensé, par trois fois j’ai rêvé d’une maison dans la ville du Caire, au fond de laquelle il y a un jardin, et dans ce jardin un cadran solaire à côté d’un figuier et d’une fontaine, et sous la fontaine il y a un un trésor. Je n’ai jamais accordé la moindre importance à ce mensonge. Toi, en revanche, espèce de mule endiablée, tu as erré de ville en ville sur la seule foi d’un rêve. Que je ne te revoie pas à Ispahan. Tiens, prends cet argent et va-t-en.”

L’homme ramassa l’argent et retourna chez lui . Sous la fontaine de son jardin (celle du rêve du Commandeur) il déterra un trésor. C’est ainsi qu’Allah lui donna sa bénédiction et le récompensa.

Jorge Luis Borges

Traduction de Magali Manvieu